Le triomphe de la condamnée
À travers Solim, Denis Wuas explore le jugement social, les rumeurs et la quête de dignité face aux normes qui condamnent.
Roman – WUAS BOOKS
Dans cette œuvre littéraire, l'auteur plonge dans la réalité du jugement social et des rumeurs qui façonnent la vie des individus. À travers Solim, critiquée pour sa couleur de peau, son apparence physique et son choix de ne fréquenter aucun garçon, il met en lumière la pression des normes sociales et la quête de dignité face aux regards qui condamnent.
Extrait
– Tu représentes ton école aujourd'hui, dit-il. Ne cherche pas à plaire, reste droite.
– Oui, monsieur.
Da, restée chez elle, lui avait confié une courte prière. Sa mère, elle, n'avait rien dit, mais son regard en disait plus que des bénédictions.
Quand son tour arriva, Solim monta sur la scène. Le micro semblait trop haut. Elle l'ajusta, inspira, leva les yeux. L'auditoire se calma d'un coup.
– Je m'appelle Solim, élève du Lycée Lavanyo, commença-t-elle d'une voix claire. On m'a souvent dit que ma peau portait la nuit, que mon silence était de la peur. Pourtant, c'est dans ce silence que j'ai appris à écouter. Des têtes se redressèrent. Les mots sortaient d'un souffle sûr, soutenu.
– On m'a dit que la beauté devait être claire, que la valeur devait briller. Mais la terre est sombre, et c'est d'elle que tout pousse. Si vous m'écoutez aujourd'hui, ce n'est pas pour que vous m'admiriez, mais pour que vous me voyiez. Pour que vous voyiez chaque fille qui se cache quand le monde décide qu'elle est de trop.